Qui n’a pas souhaité réaliser un de ses rêves d’enfance ? Pour Philippe Rageau, Thierry Boisdron et Fabien Labrousse, faire le monte Carlo était un de leurs rêves. Ils viennent de le réaliser.

Par Gérard Coeffe

 

Depuis quand rêvez-vous de faire le Monte Carlo ?

P. Rageau : « Moi, je n’en rêvais même pas, car ce genre d’épreuve est compliquée à faire ».

T. Boisdron :« J’en rêvais depuis que je fais du rallye, mais je pensais que cela ne me serait jamais accessible ».

F. Labrousse :« Moi depuis l’époque des groupe B ».

Quand avez-vous pris la décision de vous engager, et comment vous êtes vous organisés ?

P.R.« C’est Thierry qui a lancé cette idée à la con. Après en avoir parlé j’ai dis OK car à deux c’est plus facile. Nous avons monté une association pour trouver le budget (40 000 €) organiser la logistique, l’intendance, les recos … Cela nous a pris un an.

T.B. « Pour le budget, nous avons fait des vide-greniers, monté une pièce de théâtre, démarché des partenaires, et même lancé une souscription sur le net ».

F.L. « Je me suis décidé en juin. Et il m’a fallu casser le compte épargne. Pour la logistique, l’organisation des recos, l’assistance et l’hébergement, avec Fun Méca Sport, j’avais une équipe au top »

Qu’avez-vous éprouvé en vous retrouvant dans cette épreuve prestigieuse ?

P.R. « Je me suis retrouvé un peu perdu, car tout est grand ; le parc d’assistance, les recos où l’on est observé en permanence par la direction de course par l’intermédiaire d’un GPS, la longueur des ES, le routier, la foule … Ce n’est pas facile à décrire. On a la fierté d’avoir réussi à monter ce projet, mais on ne peut s’empêcher de se dire qu’est-ce que je fais là. Mais que c’est bon ».

T.B. « Je me suis senti tout petit, comme si je prenais mon premier départ. Mais j’avais le sentiment d’accomplir un vieux rêve. Sur une semaine comme celle-là, il y a des points inconnus, comme les vérifs qui sont très compliquées. Il faut presque un juriste pour décrypter les mails et le règlement. Heureusement, nous étions bien structurés ».

F.L. « Au début t’es un peu perdu. Tu ne sais pas où mettre les pieds pour ne pas déranger. Mais l’organisation est parfaite, et au bout du premier jour, tu te sens bien ».

Les règles sont-elles différentes de celles du Championnat et de la coupe de France ?

P.R. « Non elles ne sont pas trop différentes, si ce n’est que l’on ait surveillé en permanence avec le GPS, avec la menace de sanction financière en cas d’arrêt non signalé ».

T.B. « Je suis entièrement de l’avis de Philippe ».

F.L. « On est en Championnat du Monde, donc les règles sont un peu différentes, et notamment le suivi par GPS. Quand nous avons crevé nous avons oublié d’appuyer sur le bouton OK. Cela nous a couté 250 €. Une erreur que l’on ne fait pas deux fois ».

Courir sur la neige et la glace était nouveau pour vous. Aviez-vous des ouvreurs ?

P.R. « Effectivement, je n’avais jamais couru sur ce type de surface. C’était une première. Pas facile de se lâcher. En ouvreurs, j’avais ressorti des placards nos vieux copilotes en retraite, soit Fred Brault, et Cindy Sevestre. Ils ont été au top».

T.B. « Courir dans de telles conditions, n’est pas facile du tout. Mais au fil des ES nous avons progressé. Comme ouvreur, j’avais Pascal Chalard et Sandrine Caramigeas. Ils ont fait un très bon boulot ».

F.L. : « J’avais très peu roulé dans ces conditions. Mais quand tu es sur la neige et le verglas, t’es bien obligé de t’y mettre. En ouvreur, j’avais mon frère Geoffrey et Jonathan Chartier. Grace à eux ont a réussit à faire quelques temps sympas ».

Vous avez tous les trois terminé ce rallye et ce pour votre première participation. Avez-vous une anecdote particulière, et êtes-vous prêt à repartir en 2018 ?

P.R. « En anecdote, je ne peux passer sur la soirée mousse offerte par Thierry, quand son extincteur s’est déclenché une heure avant les vérifs !!! Repartir en 2018 ? Oui, maintenant que l’on a une petite expérience de cette épreuve. Seul regret, on a pas eu de cérémonie de remise des prix ».

T.B. « Je ne reviens pas sur l’épisode extincteur. Seul regret, comme Philippe, on n’a pas eu droit à une cérémonie de remise des prix. Repartir en 2018 ? Bien sur. Ce serait une belle marque de confiance et un remerciement à tous nos partenaires et à toute l’équipe de Rallye & Monaco ».

F.L. « Je ne peux passer sous silence ma crevaison à l’avant droit en pleine ES. Nous n’avons même pas utilisé le cric. Les spectateurs ont soulevé la voiture pendant trois minutes. Vraiment impressionnant cette ferveur populaire. Refaire le Monte Carlo ? Bien sur, on en a très envie, mais après avoir fait le tour de Corse ». 

 

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