Tout petit, l’oncle d’un copain d’enfance, amène Bruno voir le rallye d’Automne. De suite pris de passion par toutes ces autos propulsion, Rallye 1 et 2

Alpine, … Bruno, se dit que quand il sera grand il aura une Alpine. En réalité il en a eu plusieurs.

 

 

A 22 ans, il achète sa 1ere A310. Une version route qu’il possède toujours dans un état collection. Plus tard, et pour courir, il achète une autre A310 (une 4 cylindres), qu’il gardera 20 ans. « La FFSA ayant banni les groupe F en rallyes, il ne restait plus que les slaloms ou la course de côte. Je l’ai donc vendu, un peu à contre cœur ». Pour faire quoi ? « Une A310 V6 groupe 4, comme celle de Fréquelin, pour faire du VHC ». Très beau projet, mais où trouver, les plans, les pièces spécifiques (très nombreuses), un modèle ? Là, Pierre Launay lui dit : « Si tu veux te lancer dans ce chantier, je connais l’homme qui peut t’aider. Gérard Besson. Il possède une authentique groupe 4 ». Bruno contact alors Gérard ; « Moi je ne le connaissais pas, mais lui savait qui j’étais, et connaissais tous mes résultats avec la groupe F ». Après lui avoir exposé son projet, Gérard lui répond : Vous avez un beau projet qui m’intéresse. Mais je préfère  vous prévenir. Cela va être un travail long, fastidieux et très difficile. Venez me voir pour copier mon Alpine ». Bruno ne se le fait pas dire deux fois. « Quand je suis arrivé, son auto était toute démontée, car en restauration. Une aubaine pour moi, car j’ai pu voir ce qu’était une vraie voiture d’usine, avec toutes ses subtilités, tel les points d’ancrages des tirants avant et arrière, l’emplacement du groupe propulseur, du réservoir, des refroidisseurs de freins … etc. Là je me suis rendu compte que ce serait très compliqué à réaliser. A cela s’ajoutent certaines pièces spécifiques, très difficile à trouver, comme les carburateurs de 46, qui, déjà à l’époque, étaient d’occasion même sur les voitures d’usine, les réservoirs centraux, et bien d’autres.  Coté réalisation, les difficultés, là aussi n’ont pas manqué, comme le cloisonnage des réservoirs, l’arceau, qui sur cette auto est une pièce d’orfèvrerie. Il faut savoir que déjà à cette époque, il était moulé à la forme des montants avant et arrière. Effectivement, et comme me l’avait dit Gérard Besson, c’est une auto très compliquée à réaliser. Il m’a fallut quatre ans. Et même si cela m’a couté un bras, quelque part, ce fut plaisant ». Dès les premiers essais, Bruno remarque un problème avec les suspensions : On était bien en ressort, mais pas en hydraulique ». Une nouvelle fois, grâce à Gérard, le problème est réglé. « Entre nous, il y a une complicité, une amitié. J’apprécie énormément ce qu’il fait pour moi. On a la même passion, celle des Alpine. Je reconnais que sans lui, je ne sais pas si j’y serai arrivé. Pendant ces quatre ans, j’ai eu des moments de plaisir, mais il y en a eu d’autres ou je me suis un peu énervé … Tout a été oublié lors de la 1ere mise en route, et des premiers essais, ou je me suis rendu compte que cette auto allait être performante, et qu’elle n’avait rien à voir avec mon ex groupe F, que ce soit le freinage, la stabilité, les sensations de caisse. J’étais satisfait du travail accompli, et je savais déjà, que cette auto, serait performante en VHC ». Et cela se confirme très vite avec une 1ere victoire au rallye de Bretagne. Le bilan de la saison 2014 est élogieux avec 5 podiums scratch en 7 épreuves. Idem pour 2015 avec 4 victoires scratch. 2016 débute mal avec un gros problème moteur à la Guirlande. Le temps de trouver les bonnes pièces, et de remonter un moteur (un peu hybride) et Bruno s’aligne chez lui, à l’Automne (2eme) et au Médoc (1er). La saison est finie. Bruno, s’attaque alors au montage d’un « vrai moteur » pour 2017. « Hormis le numéro de châssis usine que je n’aurais pas, mon Alpine sera totalement identique à celle de Gérard Besson ». Une auto que d’ailleurs Gérard n’a jamais conduite. « C’est quand il veut, il n’y aucun problème. Et de plus cela me ferai un grand plaisir ».